19 octobre 2018
Renvoyer Macron à ses jeux de Monopoly

vendredi 19 octobre 2018

Longtemps, les êtres humains ont cru que la terre était plate. Ils manquaient d’instruments leur permettant de mesurer la courbure du sol qui soutenait leurs pas. Puis, les plus observateurs, ne faisant pas trop de différences entre l’astrologie et l’astronomie, pensèrent que la terre était ronde, et que le monde tournait autour d’elle. Enfin, avec Copernic, Galilée, malgré les religions, l’humanité apprit à penser une terre ronde qui tournait sur elle-même et autour du soleil.

L’histoire de la pensée économique a suivi un itinéraire en tout point opposé à la vision humaine de l’univers. Celle-ci partait de postulats invérifiables (la terre est plate !) pour aboutir aujourd’hui à une théorie proche de la réalité observable. Au contraire, les Homo Sapiens savaient parfaitement que les richesses avaient deux origines : d’une part, la nature qui les entourait, et d’autre part, leur travail qui prélevait les ressources naturelles et les façonnait pour leur survie et leur sécurité.

Or, les Homo Sapiens abandonnèrent leurs observations concrètes quand, ayant découvert l’agriculture, ils se fixèrent. D’où l’appropriation des terres, la division des sociétés en classes dominantes et dominées : propriétaires terriens et esclaves, seigneurs et serfs, capitalistes et salariés. Une constante de ces systèmes : les classes dominantes « profitent » du lien de subordination des personnes qu’elles emploient.

Les gourous de la « science économique » nous demandent d’avoir confiance. Qu’ont-ils inventé ? Le postulat idiot selon lequel « c’est l’offre qui crée la demande » (comme si les êtres humains n’avaient faim qu’en lisant les pubs des hypermarchés et ne découvraient leur besoin de logement qu’à la lecture des petites annonces immobilières). Et ils essaient de nous vendre la loi de l’offre et de la demande qui conduirait à l’équilibre des marchés. Et les crises, comment nous les expliquent-ils ?

Pensez à l’une des conclusions de Marx dans le Capital : la production capitaliste épuise « en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur ». Aujourd’hui, il nous faut inventer une vie hors du capitalisme ou mourir avec lui.

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2018.