24 août 2018
Colonisation et apartheid

vendredi 24 août 2018

Le découpage artificiel des dépouilles de l’empire ottoman – après la guerre de 14-18 – répondait aux ambitions du Commonwealth britannique et de l’Empire colonial français. Un siècle plus tard, les quatre territoires créés sous la responsabilité internationale de la Société des Nations, sont encore le théâtre de conflits politiques et guerriers continuels. L’Irak et la Palestine confiés à la Grande Bretagne – et la Syrie et le Liban confiés à la France – furent administrés non pas en fonction des populations de ces territoires mais pour satisfaire les ambitions des classes dirigeantes à Londres et à Paris.

Après la seconde guerre mondiale, les ambitions impérialistes américaines au Moyen-Orient, n’arrangèrent rien du tout. Au nom du « monde libre » (à forte odeur de pétrole) les États-Unis s’allièrent avec les princes féodaux de L’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar pour faire régner l’ordre néocolonialiste, protéger les profits des sociétés pétrolières occidentales et garantir un rente foncière élevée aux princes féodaux.

L’état d’Israël fut créé par une résolution du Conseil de Sécurité de L’ONU de créer deux états sur le territoire de la Palestine. Mais le deuxième état n’a jamais vu le jour. Au contraire l’armée israélienne a considérablement agrandi son territoire, d’abord en 1948 et ensuite en 1967. Malgré les résolutions constantes du Conseil de Sécurité, condamnant la présence des forces israéliennes sur les territoires occupés de la Palestine, Israël maintient sur ces territoires une politique de colonisation et à l’intérieur une politique d’apartheid.

Car enfin, il faut appeler les choses par leur nom : exproprier des zones de territoires occupés et les attribuer à des colons n’a jamais été et ne sera jamais que du colonialisme. De même, décider comme vient de le faire le gouvernement Netanyahu de créer des citoyens de seconde zone sur des critères ethniques ou culturels c’est clairement une politique d’apartheid. Or le colonialisme et l’apartheid ne sont en fait qu’une volonté de puissance de populations dites supérieures exercée sur d’autres humains considérés comme inférieurs. Ce qui est insupportable.

(À suivre)

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2018.