10 avril 2018
Information et bourrage de crâne

mardi 10 avril 2018

S’il y a bien une branche d’activités qui prouve dans les faits que la concurrence capitaliste ne profite pas aux consommateurs, c’est bien l’ensemble des médias, télévisions, radios, et presse écrite. Comment autant de médias peuvent-ils présenter en même temps et à jets continus non pas les mêmes faits – sur les grèves, les occupations de facs, sur le mécontentement réel d’une majorité de la population – mais la même pensée politique de leurs propriétaires, représentants bien connus des grandes fortunes et de la bourgeoisie capitaliste ?

Ce n’est pas nouveau. De la Guerre des Gaules de Jules César à la guerre de Libye vue par Bernard-Henri Levy, des révoltes paysannes vues par l’aristocratie féodale aux mouvements sociaux présents vus par les médias du CAC40, c’est toujours l’Histoire voulue par les classes dirigeantes.

Bien sûr, il y eut des exceptions : l’Humanité, le journal de Jaurès ; la presse issue de la Résistance, dont La Marseillaise. On se souvient du « bourrage de crâne » inventé par le créateur du Canard Enchaîné pendant la guerre de 14-18 et du « Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » prononcé par Pierre Dac à Londres pendant l’occupation allemande.

Que dire d’Alain Peyrefitte expliquant que le gouvernement prenait possession du Journal Télévisé de l’ORTF ? De Mai 68, quand nombre de journalistes de l’ORTF furent licenciés ? Du pouvoir giscardien supprimant les lois votées à la Libération pour permettre à Hersant de phagocyter la presse ? Du mouvement des radios et télés « libres » aboutissant à la situation présente ?

Macron et son gouvernement nous ramènent à Reagan et Thatcher : tout pour le profit et feu sur les syndicats et les services publics. Nous ne voulons pas de cette société qui défait l’intérêt général pour mieux assurer le profit des rentiers et des spéculateurs du capital. Cheminots, retraités, services publics, salariés du privé, chômeurs ou précaires, c’est notre même combat !

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2018.