20 mars 2018
Le 22 mars, tout le monde dans la rue !

mardi 20 mars 2018

Combien de temps accepterons-nous sans broncher que moins de 1 % des personnes résidant en France possèdent ou contrôlent plus de 95 % de tous les médias – télévisions, radios, presse papier et Internet ? À quelques exceptions près – on n’a besoin que de nos 10 doigts pour les dénombrer – les médias qui s’écartent volontairement de l’idéologie dominante sont une infime minorité.

Dans presque toute la presse quotidienne nationale ou régionale, sur les chaînes télé d’information en continu, dans les journaux télévisés, c’est toujours la même ritournelle qui reprend les idées fixes de Macron : les retraités sont une génération dorée ; être paysan, c’est moins pire que d’être en EHPAD ; les cheminots qui assurent un service continu sept jours sur sept, 24 heures sur 24 sont des privilégiés ; les salariés, c’est mieux que les précaires ; les précaires, c’est mieux que les chômeurs, et, pire que tout, être salarié, c’est mieux qu’être patron. Aldous Huxley, dans le Meilleur des mondes, l’avait déjà dit : être un alpha (++) qui exerce toutes les vicissitudes du pouvoir, serait pire qu’être un epsilon (--) comme au fond des mines de sel.

« Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, on n’en veut pas ! », criaient, le 15 mars à Montpellier, les étudiants qui avaient rejoint la manifestation des retraités. Ils avaient raison ! Ni les jeunes, ni les vieux, ni les travailleurs, ni les retraités, ni les chômeurs, ni les précaires ne sont responsables des crises du capitalisme provoquées par l’appât du gain, la spéculation effrénée, et l’accumulation sans fin des profits créés par le travail et accaparés par le capital.

C’est dans ce contexte que les manifestations du 22 mars prennent tout leur sens : avec les cheminots, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités, l’appel qui est lancé déborde toutes les catégories : le seul objectif est que chaque femme ou chaque homme ait des conditions de vie décentes.

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2018.