12 décembre 2017
Le smicard, « ce pelé, ce galeux d’où venait tout le mal »

mardi 12 décembre 2017

Une commission présidée par M. Cette – un gang d’économistes néolibéraux – fut chargée de faire au gouvernement des recommandations sur l’évolution du Smic. Le rapport de cette commission est limpide. Il est inspiré par la fable du génial Jean de la Fontaine (17ème siècle), Les Animaux Malades de la Peste[1]. Elle fut apprise par des générations d’élèves de l’école primaire publique.

Que raconte-t-elle ? Dans un royaume imaginaire, une épidémie de peste « répand la terreur ». C’est une sanction divine pour punir les péchés. La classe dirigeante – les animaux prédateurs – demande que chacun fasse son examen de conscience. Commence alors la confession publique de tous les puissants. Le Lion, le Renard et tous les prédateurs exposent leurs fautes. La conclusion de cette confession des puissants ? La voici : ceux-ci, « Au dire de chacun, étaient des petits saints ». Puis vint l’Âne dont le crime était d’avoir brouté une touffe d’herbe « dans un pré de Moines ». La peccadille du baudet « fut jugée un cas pendable ». Il fut sacrifié.

La crise mondiale, est née de la déréglementation des marchés monétaires et financiers. Celle-ci ouvrit les vannes à la spéculation sans rapport avec l’économie réelle. Or, nous savons depuis le système Law, au 18ème siècle, que la spéculation crée des richesses virtuelles qui conduisent aux pires crises financières et sociales. La classe salariale est la victime de cette politique. En France, depuis les années 1970, le chômage a été multiplié par 28. Mais contre cette peste, que disent les classes dirigeantes ? Que le Smic, les services publics, la sécurité sociale et le droit du travail sont coupables.

Le rapport de la « commission Cette » est une mascarade pour classes dirigeantes. Exigeons – pour tous – le droit de vivre dans des conditions décentes.

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


© La Marseillaise – 2017.

Notes complémentaires après publication

[1] On trouvera le texte de cette fable à : Les animaux malades de la peste