21 novembre 2017
L’évasion fiscale dévoilée par les Paradise Papers

mardi 21 novembre 2017

Neuf ans après la crise financière mondiale de 2007-2008, il reste des personnes surprises qu’il y ait encore des paradis fiscaux en Europe et sur toute la planète. Les banques systémiques y ont des agences qui accueillent aussi bien la fraude fiscale que l’évasion fiscale, pour permettre aux plus fortunés de continuer à spéculer entre eux afin de soigner leurs névroses par l’accumulation sans fin de capital.

Sarkozy, face aux journalistes de TF1 et de France 2, le 23 septembre 2009, a pu déclarer : « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, la fraude organisée, c’est terminé ». Comment a-t-il pu reprendre ce discours pendant tout son mandat présidentiel ? Au Bourget, en février 2012, Hollande prétendait que son adversaire, celui « qui gouverne, c’est le monde de la finance ». Mais qu’a-t-il fait de ses promesses de réglementer la finance ?

En France, l’évasion de capitaux des grandes entreprises s’élève entre 60 et 80 milliards d’euros. Mais, disent les capitalistes, tous nos transferts de fonds vers les paradis fiscaux sont légaux.

Au cours d’une de ses conférences — (disponible sur youtube.fr) — Frédéric Lordon dut répondre à la question : mais pourquoi est-ce légal ? « Parce que, dit-il, des lois ont été votées ». Et il poursuivit : « supposons qu’une loi autorisant les bobinards soit votée. Si des sous-mariniers partis en mission pour six mois dans un sous-marin nucléaire, reviennent à Brest pour une permission, faut-t-il s’étonner s’ils ne passent pas leurs soirées à jouer à la crapette ou au rami » ?

Les néolibéraux prétendent que les marchés trouvent un équilibre optimal. En fait, les marchés fonctionnent dans le cadre de lois votées sous l’influence du lobby des banques et des capitalistes. Est légal ce qui les arrange. Mais les crises prouvent que les lois ne sont pas bonnes. Et qui en pâtit ? Les personnes salariées, retraitées, privées d’emploi ou victimes de la précarité.

Michel Perraud (ingénieur retraité ; militant CGT)


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